31/08/2025
Retour sur quelques réalités qui posent le décor. Montreuil, c’est 111 000 habitants, une des villes les plus jeunes de la petite couronne, mais aussi un quart de plus de 60 ans qui augmente plus vite que la moyenne départementale. Dans certains quartiers, l’isolement des seniors progresse, parfois accentué par une précarité économique ou un éloignement familial. À l’opposé, des centaines de jeunes peinent à entrer dans la vie active, cherchent un logement, un premier job ou simplement un adulte à qui parler.
Mettre en lien les générations, ce n’est pas qu’une réponse à la solitude : c’est aussi tisser des solutions locales sur le logement, l’emploi d’appoint, la santé, l’apprentissage et le vivre-ensemble. La ville de Montreuil l’a bien compris, et s’inspire déjà d’expériences réussies ailleurs (Toulouse, Lille…).
Parce que le logement est souvent un point de départ, des associations comme Réseau COSI proposent la cohabitation intergénérationnelle entre seniors disposant d’une chambre libre et jeunes en galère de logement étudiant, d’alternance ou même de stage. À Montreuil, le dispositif a trouvé ses premiers adeptes : chaque partie bénéficie d’une présence, d’un coup de main, d’un soutien et parfois de services rendus (petites courses, informatique, etc.).
Les associations locales multiplient les occasions de croiser les générations pour des actions concrètes : réparation de vélos, jardinage, couture, cuisine, aide scolaire… Des structures comme le centre social Danube, l’Atelier d’Insertion Montreuillois, ou la Maison Ouverte, organisent régulièrement des ateliers où l’on mélange âges, savoir-faire et envies.
À l’heure où tout passe par les démarches en ligne, les ateliers numériques intergénérationnels remportent un vif succès. Des jeunes forment les seniors sur l’usage de la tablette ou du smartphone, tandis que les retraités transmettent trucs et anecdotes sur la vie locale et la mémoire du quartier. Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), des tiers-lieux comme La Maison Pop, ou des structures comme Les Couleurs du Pont de Pierre, proposent ce type d’échanges.
Toutes les initiatives partent d’un besoin concret. À Montreuil, chaque quartier a son profil : dans certains, l’isolement des anciens est plus marqué ; dans d’autres, c’est l’insertion professionnelle des jeunes qui domine. Des méthodes existent :
Le réseau d’entraide ne fonctionne que s’il s’appuie sur une ou plusieurs structures pivot : associations de quartier, conseils citoyens, écoles, bibliothèques, bailleurs… L’idée est de connecter ce qui existe déjà (groupes WhatsApp d’immeuble, clubs de jeux, collectifs de voisins) et de créer des relais de confiance.
Des rendez-vous adaptés à la vie locale sont la pierre angulaire d’un réseau vivant. Quelques exemples qui marchent :
Dans tous les cas, la simplicité, la convivialité et la régularité font la différence.
Miser sur l’entraide intergénérationnelle à Montreuil implique d’affronter quelques difficultés : manque de temps, peur de déranger, méconnaissance des publics… Mais des solutions concrètes existent :
À Montreuil, l’envie d’agir ensemble traverse déjà les générations : il ne tient qu’à nous de renforcer ces liens pour que personne ne reste en dehors du mouvement. Se connaître, se parler, s’entraider, c’est changer le quotidien – et cela ne tient pas seulement à de grands projets, mais à une accumulation de petits gestes qui font (toute) la différence. Plus le réseau sera vivant, plus les idées surgiront : lancer la carte des talents quartiers, imaginer une “fête des savoirs partagés” ou créer des tandems ados-seniors ambassadeurs des quartiers… Autant de pistes pour faire de l’entraide intergénérationnelle à Montreuil un vrai engagement collectif et contagieux.
Montreuil a toutes les ressources humaines pour être un laboratoire d’initiatives solidaires entre générations. À chacun d’y prendre part, à hauteur de ses moyens – et à son rythme !
"Le moteur citoyen de la transition sociale"
Les Quartiers en Action à Montreuil