05/08/2025
Derrière la notion de sécurité, il y a d’abord le lien et la solidarité entre voisins. Plusieurs quartiers de Montreuil, comme la Nouvelle France, Paul Signac ou Bas-Montreuil, ont vu émerger depuis une quinzaine d’années des groupes de vigilance citoyenne. L’idée ? Se connaître, s’entraider, repérer collectivement les difficultés (dégradations, cambriolages, squats, nuisances, etc.) et favoriser une résolution de proximité, parfois même avant que la police ou la mairie soient sollicitées.
Certains territoires de Montreuil, notamment Les Ruffins, La Boissière ou Le Morillon, sont confrontés à des problématiques spécifiques : trafics, stationnements illicites, jeux à risque pour les enfants. Les habitants se sont alors rassemblés en collectifs pour dialoguer avec les autorités, mais aussi construire des réponses adaptées.
Plutôt que d’attendre l’intervention systématique des forces de l’ordre, à Montreuil, il existe une tradition vivace de gestion directe des tensions.
La Maison de la Justice et du Droit, implantée depuis 2005 rue Ernest Savart, participe régulièrement à des actions de prévention, ateliers et permanences dans les quartiers, rendant plus accessible la résolution amiable des litiges. Elle compte annuellement près de 2500 sollicitations, dont 45% concernent des problématiques de trouble du voisinage ou d’occupations d’espaces partagés (source : bilan d’activité MJDH 2023).
À Montreuil, plusieurs groupes de femmes, souvent coordonnés par des associations comme Femmes en Lien ou Paroles de Femmes, ont initié depuis 2017 des « marches exploratoires de sécurité ». Ces balades collectives à travers leur quartier sont l’occasion, en présence d’élus ou techniciens, de pointer les zones d’inconfort (absence d’éclairage, recoins anxiogènes, accès mal entretenus…) et de porter des propositions concrètes.
Les retours sont probants :
Selon l’INSEE, près de 32% des ménages de Montreuil vivent seuls (données 2020). L’isolement, facteur de vulnérabilité aux incivilités et à la délinquance, est ainsi un enjeu central pour la sécurité perçue. Les habitants s’organisent pour aller au-devant des personnes fragiles, notamment les seniors ou les familles monoparentales, à travers :
Afin de renforcer l’impact de ces initiatives, de nombreux groupes d’habitants travaillent de concert avec les pouvoirs publics et les acteurs institutionnels :
S’il reste des défis, les expériences menées dans les quartiers montreuillois montrent à quel point la sécurité peut devenir un levier pour le dialogue, la solidarité et le lien social. Derrière chaque initiative, il y a la construction d’un « pouvoir d’agir » collectif : des parents qui s’engagent, des voisins qui se parlent, des associations qui créent du lien. La confiance, l’entraide et la vigilance partagée dessinent un nouveau quotidien, plus serein, où la sécurité passe aussi par le sentiment d’être entouré et reconnu dans sa ville.
Pour aller plus loin, les habitants de Montreuil s’interrogent : comment ouvrir encore plus la participation, inclure les jeunes dans ces dynamiques, inventer de nouveaux outils locaux pour renforcer la tranquillité ? Les expériences présentes témoignent d’une énergie constante pour améliorer la vie dans nos quartiers – une énergie à amplifier, à valoriser, et à partager, pour continuer à écrire une histoire de sécurité citoyenne, portée et incarnée par les habitants eux-mêmes.
"Le moteur citoyen de la transition sociale"
Les Quartiers en Action à Montreuil